Tranches de Vie

 

La vie des Cap-Horniers présente certains aspects particuliers du fait de la longueur de leurs voyages, des latitudes dans lesquelles évoluent leurs navires et des pays qui sont leurs destinations. Ces aspects de la vie des Cap-Horniers sont décrits dans des documents d'époque (rôles d'équipage, rapports, lettres, témoignages, etc.) que nous avons trouvés dans des centres d'archives (AD, SHD, etc.), mais aussi chez les descendants de ces marins.

Une liste des ces aspects de la vie des Cap-Horniers est dressée ci-dessous. Chaque document concernant un aspect de vie se rapporte à un voyage d'un voilier. Les couples bleus Voilier, Année du voyage sont des liens qui donnent, en cliquant dessus, accès à ces documents. Les documents se trouvent dans différentes rubriques du site : “Vie du bord”, “Vie du marin” ou encore “Voyages du navire”, “Naufrage du navire” et “Décès du marin”.

Cette liste n’est pas exhaustive, nous la complèterons à mesure que notre travail avancera. Si vous constatez des erreurs, merci de les signaler par courriel à l'adresse donnée dans l'onglet Contactpour que nous puissions en faire la correction.

 

 - Embauche de marins :

 • Contrat d'embarquement : Champigny 1907 ; Emma Laurans 1909 ; France II 1914 ; France II 1916 ;

 • Salaires (1) : Biessard 1908 ;

 • Embauche de marins non brevetés à défaut d'officiers : Bourbaki 1919Jules Gommès 1915 ;

 • Embauche de bagnards (2) : Ernest Siegfried 1898 ; Eugène Pergeline 1909 ; Jacques 1900 ;

 • Embauche de marins étrangers à défaut de français : Anne de Bretagne 1910 ; Babin Chevaye 1909Bonchamp 1915 ; Chili-2 1915 ; Ernest Legouvé 1913 ; François 1911Jules Gommès 1915 ; Max 1909 ; Saint Louis 1913 ;

  • Frais de rapatriementÉmilie Siegfried 1905 ;

   - Femmes et enfants à bord :

• Femmes et éventuellement enfants : Belen 1901 ; Belen 1902, 1903, 1905, 1908, 1910 ; Biessard 1907 ; Buffon 1905 ; Champigny 1904 ; Charles Gounod 1911Croisset 1906 ; Élisabeth 1905 ; Émilie Siegfried 1900, 1901, 1903Émilie Siegfried 1908Ernest Siegfried 1906, 1907 ; Hautot 1906 ; Jacques 1897, 1898 ; Jeanne d’Arc 1911 ; La Pérouse 1907, 1909 ; Le Pilier 1906 ; Le Pilier 1914 ; Max 1902 ; Max 1907Neuilly 1902Neuilly 1910, 1911Neuilly 1913Président Félix Faure 1905 ; Suzanne 1914, 1915 ; Suzanne 1917, 1918, 1919, 1920Versailles 1907 ;

• Naissances en mer : Élisabeth 1905 ; Suzanne 1914 ;

• Femmes en transit ou en voyage non cap-hornierBidart 1912Blanche-3 1913Buffon 1904 ; Champigny 1902Commandant Marchand 1901Connétable de Richemont 1901Dupleix 1909Émilie Galline 1899Émilie Galline 1903Empereur Ménélick 1900France II 1919 ; Général de Négrier 1912Jules Gommès 1903Jules Gommès 1912, 1913 ; Laënnec 1908Laënnec 1919 ; Le Pilier 1911, 1912 ; Max 1905Normandie 1899 ; Saint Louis 1906 ; Saint Rogatien 1901 ; Suzanne 1920-1921Versailles 1912 ;

• Femmes décédés en mer : Biessard 1907Hautot 1906 ; Jacques 1898 ;

- Navigation :

 • Remorquage (incidents et accidents) : Babin Chevaye 1909 ; Valparaiso-3 1919 ;

 • Retour par Bonne-Espérance Bonchamp 1919 ; Mezly 1902 ; Saint Louis 1904 ;

 • Pasage par le canal de Panama : Édouard Bureau 1920 ;

 • Expertise d'un navire : Chili-2 1913 ;

 • Accidents et collisions en merHélène 1917aHélène 1917b ; Rochambeau 1911 ;

 • Loi de prime (1893)Bonchamp 1902 ; Émilie Galline 1913Le Pilier 1902 ;

 - Cargaisons (3) :

 • Charbon : Léon Bureau 1906 ;

 • Guano : Aconcagua-1 1872 ;

 • Nitrate :

 • Phosphate Neuilly 1911 ;

 • Céréales : Richelieu 1924 ;

 • Bois

 • Minerai de nickel :

 • Pétrole lampant : La Fontaine 1907,1908 ; Saint Louis 1904 ;

 - Vie à bord :

  Équipages (photos) : Amiral Courbet 1900 ; Anjou 1902, 1904Belen 1903 ; Général Neumayer 1897Grande Duchesse OlgaJules Gommès 1903, 1912LaënnecLe Pilier 1903 ; Max 1904, 1906 ;

 • Description du navire : Bourbaki 1898 ; Rhône 1921 ;

 • Organisation des bordées : Bourbaki 1920 ;

 • Alimentation Emma Laurans 1905 ;

 • Dimanche en mer : Antonin-2 1897 ;

 • Gazette du bordBonchamp 1919Champigny 1907 ;

 • Art du bord Vauban 1904 ;

 • Ex-voto Jules Gommès 1912 ;

 • Manifestations d'opinion à bord : Asie 1908 ; Asnières 1910Emma Laurans 1904Le Pilier 1912 ; Max 1904 ; Max 1906 ; Nord 1910 ;

 • Incidents graves Champigny 1907 ; Duchesse de Berry 1902 ; Duchesse de Berry 1904Émilie Siegfried 1899 ; Ernest Siegfried 1902 ; Saint Louis 1902 ; Saint Louis 1920 ;

 • Passagers clandestins : Françoise d'Amboise 1902 ; Jacques 1898 ; Suzanne 1917 ; Suzanne 1920 ;

 • DésertionsBossuet 1900 ; Ernest Siegfried 1906Jules Gommès 1915 ; Saint Rogatien 1905 Versailles 1907 ;

 • Soumission de déserteurs : Alice 1907 ; Maréchal de Castries 1910 ;

 • Jugements de désertions : Asnières 1903 ; Olivier de Clisson 1902 ;

 • Shangaïage : Belen 1901 ;

 - Accidents des marins :

 • “Un homme à la mer !”... sauvé ! : Eugène Pergeline 1909Hélène 1917 ;

 • Accidents divers : Amiral Troude 1905 ; Belen 1910Champigny 1907aChampigny 1907bChampigny 1907cChampigny 1907d ; Charles Gounod 1911 ; Cornil Bart 1911a ; Cornil Bart 1911b ; Émilie Galline 1903 ; Émilie Galline 1912 ; France II 1914a ; France II 1914b ; France II 1914c ; François 1905 ; Général de Négrier 1912Hélène 1912 ; La Fontaine 1908Laënnec 1918Le Pilier 1905 ; Le Pilier 1911 ; Molière 1920a ; Molière 1920bSaint Louis 1911Vincennes 1916 ;

 • Paquet de mer Amiral Troude 1912 ; Anjou 1901 ; Armen 1903 ; Bidart 1914Empereur Ménélick 1911Jacques 1905 ; La Fontaine 1911 ; Léon XIII 1905 ; Nord 1912 ; Saint Rogatien 1911 ;

 • Chute depuis une vergue : Brizeux 1902 ; Émilie Galline 1909 ; Jeanne d’Arc 1912 ; Léon XIII 1904 ; 

 - Maladies des marins :

 • Tuberculose : Amiral Troude 1912 ; Biessard 1904Le Pilier 1906 ; Maréchal de Gontaut 1912Saint Rogatien 1902 ; Vincennes 1910 ;

 • Dysenterie : Ernest Siegfried 1910Rochambeau 1910 ;

 • Typhoïde : Amiral Troude 1907 ;

 • Carence en vitamines (Scorbut, Béribéri, ...) : Bidart 1914 ; Tarapaca-2 1901Rochambeau 1910aRochambeau 1910b

 • Lèpre : Ernest Siegfried 1900 ;

 • Maladies psychiquesRochambeau 1911 ;

 • Maladies diversesAmiral Courbet 1904 ; Amiral Troude 1912Antonin-3 1916 ; Biessard 1901 ; Bonchamp 1920 ; Chili-2 1914 Emma Laurans 1908 ; Empereur Ménélick 1911 ; Ernest Siegfried 1902 ; France II 1914 ; France II 1917 ; France II 1922 ; Gers-3 1915 ; Gers-3 1919 ; Jeanne d’Arc 1911 ; Laënnec 1918 ; Le Pilier 1906 ; Le Pilier 1911 ; Léon Bureau 1911 ; Rochambeau 1910 ; Saint Louis 1904 ; Saint Rogatien 1908 ;

 • Visite médicale : Émilie Siegfried 1908 ;

 - Décès, Disparitions des marins :

 • “Un homme à la mer !” : Aconcagua-2 1905Bonchamp 1903Bonchamp 1916 ; Hélène 1910 ; Jules Gommès 1905 ; La Fontaine 1911Michelet 1910 ;

 • Chute depuis une vergue Amiral Courbet 1900 ; Antonin-3 1903 ; Bérengère 1904 ; Biessard 1911Emma Laurans 1910 ; Empereur Ménélick 1900 ; Ernest Siegfried 1899 ; François 1910 ; Jules Gommès 1906Jules Gommès 1908 ; La Fontaine 1904Général de Négrier 1912 ; Max 1900 ; Max 1906 ; Rhône 1904 ; Montebello 1903 Président Félix Faure 1905 ; Saint Rogatien 1901 ; Ville de Mulhouse 1910Versailles 1910 ;

 • Paquet de mer : Aconcagua-2 1910 ; Babin Chevaye 1909 ; Bon Premier 1915 ; Bourbaki 1907 ; Chili-2 1913 ; Dunkerque-2 1905a ; Émilie Siegfried 1909 ; Ernest Siegfried 1899 ; France II 1920a ; France II 1920b ; Jacques 1904a ; Jacques 1904b ; Maréchal de Villars 1889, 1902Neuilly 1900 ; Pacifique-3 1901Président Félix Faure 1897Rochambeau 1911 ; Saint Louis 1904 ; Saint Louis 1911 ; Seine-3 1920Versailles 1901Vincennes 1905 ;

 • Accidents mortels : Antoinette 1917aAntoinette 1917b ; Antonin-3 1916 ; Asnières 1903 ; Chili-2 1916 ; Léon Bureau 1908Loire 1913 ; Max 1910Neuilly 1902 ; Neuilly 1913 ; Versailles 1910 ;

 • SuicidesAmiral Troude 1917 ; Antoinette 1901Émilie Siegfried 1900Wulfran Puget 1917 ;

 • Décès suite à une maladie Amiral Courbet 1904 ; Amiral Troude 1905Amiral Troude 1907Amiral Troude 1912Antonin-3 1905 ; Armen 1903 ; Asnières 1903 ; Asnières 1910 ; Biessard 1907Biessard 1913 ; Cassard 1903 ; Croisset 1900Croisset 1907Empereur Ménélick 1908Empereur Ménélick 1911 ; François 1911 ; Jacques 1904 ; Jeanne d’Arc 1913 ; La Fontaine 1909 ; La Fontaine 1918a ; La Fontaine 1918bLaënnec 1915Le Pilier 1907 ; Le Pilier 1908 ; Léon Bureau 1912 ; Mezly 1902a ; Mezly 1902b ; Mezly 1902c ; Mezly 1903 ; Mezly 1905Neuilly 1900Neuilly 1911 ; Nord 1916Président Félix Faure 1896 ; Rochambeau 1910 ; Saint Rogatien 1904Saint Rogatien 1908 ; Valparaiso-3 1904Versailles 1910Versailles 1918 ; Wulfran Puget 1909 ;

 • Immersion d'un défunt : Rhône 1904 ;

 • Noyade dans un port : Antonin-3 1916 ; Émilie Galline 1910 ;

 • Inventaire des effets du marin : Armen 1903 ; Brizeux 1902 ; Chili-2 1913 ; La Fontaine 1918a ; La Fontaine 1918b ;

 - Naufrages / Sauvetages / Accidents des voiliers :

 • AccidentsHélène 1917 ; Jacques 1897 ;

 • Relâche pour avariesÉmilie Galline 1899Léon BureauNord 1915 ; Seine-3 1920 ;

 • Échouage : Asnières 1914 ; Olivier de Clisson 1902 ;

 • Incendie : Léon Bureau 1906 ;

 • Pampero : Loire 1903 ; Nord 1912 ;

 • Collision évitée au cap Horn : Noémi 1913 ;

 • Naufrage évité : La Fontaine 1900 ; Maréchal de Castries 1910 ; Saint Louis 1905 ;

 • Naufrage : Alice 1908Antoinette 1917 ; Anjou 1904 ; Bidart 1914 ; Cassard 1905 ; Chanaral-2 1902 ; Connétable de Richemont 1902Croisset 1908 ; Faulconnier 1902 ; France II 1922a ; France II 1922b ; France II 1922c ; François Coppée 1902Hélène 1917 ; Léon XIII 1905 ; Madeleine-1 1911Max 1910 ; Montebello 1906 ; Olivier de Clisson 1904Rochambeau 1911 ; Tourville 1902Turgot 1909Vauban 1906 ;

 • Naufrage au cap Horn : Bretagne 1900a ; Bretagne 1900b ; Daniel 1905 ; Duchesse de Berry 1906 ; Fervaal 1901 ; Général de Charrette 1900a ; Général de Charrette 1900b ; Général de Charrette 1900cVendée 1907 ;

 • Perdu corps et biens : Commandant Marchand 1903 ; Du Couëdic 1901 ; Hautot 1906Maréchal de Gontaut 1912Maréchal Lannes 1899 ;

 • Sauvetage : Bérengère 1904 ; Loire 1913 ; Seine-3 1918 ;

 - Guerre de 14-18 :

     • Histoires de marins (4) :

- Blessures et décèsAmiral Troude 1917 ; Cambronne 1916 ; Émilie Galline 1916 ; Marthe-2 1917Vincennes1918aVincennes 1918b ; Saint Rogatien 1916a ; Saint Rogatien 1916b ;

- Prisonniers sur un navire ennemi (5) : Kronprinz Wilhelm (Union 1914) ; Leipzig (Valentine 1914) ; Möwe (Asnières et Nantes 1916)Prinz Eitel Friedrich (Jean 1914)Seeadler (Charles Gounod, La Rochefoucauld, Antonin-3, Dupleix et Cambronne 1917) ; U 52 (Emma Laurans 1916) ; Wolf (Maréchal Davout 1917) ;

- Grippe espagnole : Gers-3 1918 ; Hélène 1917aHélène 1917b ; Vincennes 1918 ;

     • Histoires de navires :

- Voiliers immobilisés en 1914 (6) : Amiral Troude ; Chili-2 ; Gers-3Jules GommèsNeuilly ; Vincennes ;

- Prises de guerre par les Allemands : Vercingétorix 1914 ;

- Prises de guerre par les FrançaisAtlas 1917 (ex-Leif Gundersen, Norvège) ; Bon Premier 1914 (ex-Frieda Mahn, Allemagne) ; Condor 1914 (ex-Martha Bockhahn, Allemagne) ; Pacifique-4 1914 (ex-Barmbek, Allemagne)

- Protection des voiliers (7) : Adolphe-4 1917 ; Chili-2 1917 ; Suzanne 1917 ;

- Voiliers coulésAmiral Troude 1917aAmiral Troude 1917b ; Antonin-3 1916 ; Asnières 1916 ; Babin Chevaye 1916 ; Bon Premier 1917Cambronne 1916Charles Gounod 1916 ; Chili-2 1917 ; Condor 1916 ; Dupleix 1916 ; Édouard Detaille 1916Émilie Galline 1916Emma Laurans 1916 ; Jean 1914 ; Jules Gommès 1917La Rochefoucauld 1916Le Pilier 1916 Maréchal Davout 1917 ; Nantes 1916Neuilly 1917 ; Saint Rogatien 1916 ;

- Voiliers coulés, perdus corps et biensAtlas 1917 ; Ernest Reyer-2 1914 ; Général de Boisdeffre 1915 ; Jacqueline 1917 ; Michelet 1917 ; Rancagua-3 1916

- Combat voilier contre sous-marinBlanche-3 1917 ; Marthe-2 1917 ;

"Mission Tardieu", aux États-Unis en 1917 et 1918 (8) :

        - Utilisation des voiliers :

              • Nitrate du Chili : AntoinetteRhône ;

              • Manganèse du Brésil : Adolphe-4Laënnec ;

                 • Bois de Côte-d'Ivoire et du Ghana : BourbakiVincennes ;

                 • Blé d'Australie Jeanne d'Arc ;

       - Complexité de la gestion des navires et des hommesHélèneJeanne d’Arc ;

       - Retour en France en 1919Adolphe-4Vincennes ;

- Crise du fret en 1921 et fin des navires :

• La Martinière Bonchamp 1920 ; Suzanne 1921,1922,1923 ;

• Dunkerque : Rhône 1921 ; Wulfran Puget 1924 ;

- Voilier école cap-hornier : Richelieu 1924 ;

- Récits de Cap-Horniers : Bourge Émile - une rude vie ; Gautier Henri - cadet du "Richelieu" ; Kergoat Henri - un voyage cap-hornierLe Chevanton Pierre - "Mission Tardieu" ; Le Friant Louis - "Magellan" couléLe Pilier - Journal de Mer 1905-1909 ; Leyondre Pierre - ultimes lettres

Etc.

 

Notes :

(1) Les salaires. Jusqu’à la guerre de 14-18, pendant environ un siècle, le franc, franc or, n’a pas varié. Les salaires des Cap-Horniers sont donc à peu près stables et sensiblement les mêmes en France quel que soit l’armement. À la même époque le salaire de l'ouvrier agricole est d'environ 50 francs et celui de l'ouvrier métallurgiste 250 francs. La guerre va par contre entraîner une variation brutale, importante et continue des salaires ; à cause de la dévaluation du franc ils vont en apparence augmenter.

 

Cap.

Sec.

Lieutenant

Maître  

Charp.

Méca.

Cuis.

Matelot

M. léger

Novice

Mousse

Total

3-mâts

1

1

2

1

1

1

1

10

1

1

2

22

4-mâts

1

1

4

2

1

1

1

20

-

1

2

34

Salaires     

(francs or)

300

250

1er : 175

2e  : 120

3e  :  50

1er : 115

 2e  : 105

 

105

110

105

90

50

45

35

 

 Équipages et salaires types des marins d’un 3-mâts et d’un 4-mâts avant la guerre de 14-18.

Remarque : en plus de son salaire, le capitaine - et lui seulement - recevait des “profits accessoires” (commission sur le fret, prime pour la durée d’une traversée, etc.). C’étaient plusieurs milliers de francs qui amélioraient grandement son salaire.

(2) Embarquement de bagnards. Aux travaux forcés, les bagnards subissent la “double peine” : libérés première section après avoir purgé leur peine, ils sont placés, pendant un temps égal à celui de leur détention, dans des fermes pénitentiaires avec interdiction de quitter le territoire. Au bout de ce temps, ils sont libérés deuxième section ; ils obtiennent alors une terre en concession pénale. L’embarquement sur des voiliers marchands dont l’équipage était incomplet permettait à certains d’entre eux de rentrer en France “en travaillant à bord pour payer leur passage”.

(3) Principales cargaisons des voiliers de charge cap-horniers :

Jusque dans les années 1870 les voiliers (trois-mâts en bois) venant d’Europe transportent du charbon de Grande-Bretagne et des marchandises diverses (sel, vin, produits manufacturés, etc.), effectuant du “tramping” sur toute la côte Ouest des Amériques. Retour du Pacifique en Europe ils rapportent des matières premières, céréales, café, cacao, bois, laine, peaux, métaux, etc., et du guano du Pérou (excréments d’oiseaux marins accumulés sur les îles côtières).

De nombreuses transformations s’opèrent dans les années 1870. Le guano se raréfie, il est remplacé par le nitrate dont des gisements sont dorénavant exploités sur les hauts plateaux andins, dans le désert d’Atacama, au Chili. Le nickel est découvert en Nouvelle-Calédonie où il est exploité et exporté. L’Australie produit du charbon qu’elle exporte dans le Pacifique. Les États-Unis produisent et exportent du pétrole lampant depuis la côte Est.

À la fin des années 1870 les voiliers (trois, quatre et cinq-mâts en métal) venant d’Europe transportent des produits industrialisés (machines, coke, fonte, ciment, etc.), du charbon chargé en Grande-Bretagne et du pétrole chargé sur la côte Est des États-Unis. Rentrant du Pacifique en Europe, ils transportent encore des céréales d'Australie, de Californie et du bois d'Oregon, mais aussi du nitrate du Chili (utile comme engrais mais aussi pour la fabrication d’explosifs) et du minerai de nickel de Nouvelle-Calédonie.

(4) Mobilisation de marins cap-horniers. Le nombre de soldats tués dès le début de la guerre, en 1914, était si grand que le ministère de la guerre a cherché sans arrêt des hommes à envoyer au front. Il fut admis cependant que les voiliers cap-horniers approvisionnaient la France en denrées et produits indispensables à sa survie, et que les marins qui armaient ces navires étaient indispensables à leur conduite. En conclusion, seuls les marins qui ne trouvaient pas d’embarquement pouvaient être mobilisés.

(5) Prisonniers de guerre. Ne connaissant pas précisément les règles internationales régissant la guerre en mer, nombre de marins ont été surpris quand, prisonniers des Allemands, leurs geôliers leur proposaient la libération contre l’engagement écrit de ne pas prendre les armes contre l’ennemi et ses alliés pendant la durée de la guerre. Il leur arrivait alors de considérer cet engagement comme une désertion devant l’ennemi. Voici la convention signée par la France et l’Allemagne (en particulier) :

     Convention XI de La Haye, du 18 octobre 1907, Chapitre III relatif à certaines restrictions à l’exercice du droit de capture dans la guerre maritime :

 - Article 5 : Lorsqu’un navire de commerce ennemi est capturé par un belligérant, les hommes de son équipage, nationaux d’un État neutre, ne sont pas faits prisonniers de guerre.

 Il en est de même du capitaine et des officiers, également nationaux d’un État neutre, s’ils promettent formellement par écrit de ne pas servir sur un navire ennemi pendant la durée de la guerre.

 - Articles 6 : Le capitaine, les officiers et les membres de l’équipage, nationaux de l’État ennemi, ne sont pas faits prisonniers de guerre, à condition qu’ils s’engagent, sous la foi d’une promesse formelle écrite, à ne prendre, pendant la durée des hostilités, aucun service ayant rapport avec les opérations de la guerre.

 - Articles 7 : Les noms des individus laissés libres dans les conditions visées à l’article5 alinéa 2 et à l’article 6, sont notifiés par le belligérant capteur à l’autre belligérant. Il est interdit à ce dernier d’employer sciemment lesdits individus.

 - Articles 8 : Les dispositions des trois articles précédents ne s’appliquent pas aux navires qui prennent part aux hostilités.

(6) Immobilisation des voiliers marchands dès la déclaration de guerre. Prévoyant que les escadres allemandes s’attaqueraient aux navires marchands, le Ministre de la Marine leur intima « l’ordre formel de demeurer là où ils se trouvaient, que ce fut en France ou à l’étranger ». L’anéantissement de l'escadre allemande du Pacifique le 8 décembre 1914 permit au trafic maritime sur la route commerciale du cap Horn de reprendre.

(7) Mesures de protection des voiliers. La première des mesures a été d'éviter de faire naviguer les voiliers dans la Manche et la Mer du Nord où sévissaient les sous-marins ennemis. Mais cela devient insuffisant quand l'Allemagne décide une grande offensive sous-marine en 1917, causant des pertes très importantes dans la flotte des navires marchands. De nouvelles mesures sont alors prises par le gouvernement français.

Lors de leur passage en France les voiliers embarquent des personnels AMBC (Armement Militaire des Bâtiments du Commerce). Ce sont des canonniers qui, sous les ordres du capitaine, officier de réserve de la Marine Nationale, serviront les canons dont sont dorénavant équipés les navires. À bord est également installée la radio et un radiotélégraphiste, le TSF, est embarqué, personnel AMBC lui aussi, qui effectuera les manipulations (en Morse, la phonie sera pour plus tard).

Autre mesure, le départ et l’arrivée des voiliers seront organisés en convois protégés par des navires de guerre ou armés en guerre. Ceci s’appliqua principalement aux départs, car les arrivées, avant que ne soit installée la radio, étaient très difficilement prévisibles.

Enfin, de nouvelles restrictions à la navigation sont aussi imposées : le 26 août 1917 l’ordre est donné de faire atterrir les voiliers céréaliers sur Dakar. Les voiliers du nickel doivent relâcher à Horta (Açores), puis sont accompagnés jusqu’au Havre pour permettre de continuer à approvisionner les usines en minerai. Quant aux voiliers du nitrate, tout chargement au Chili pour la France est interdit à partir du 15 décembre 1917.

(8) La "Mission Tardieu". En avril 1917, les États-Unis entrent dans la guerre. Un Commissaire général aux Affaires de guerre franco-américaines est nommé, André Tardieu, qui va, en particulier, négocier l’échange de vapeurs américains contre les voiliers français (décision ministérielle du 3 décembre 1917). Les voiliers sont “envoyés” par le Gouvernement français aux États-Unis où ils seront dorénavant au service d’armateurs américains, sous l’autorité de l’“United State Shipping Board” installé à Norfolk (Virginie), c’est ce que nous appelons la “Mission Tardieu”. Certains sont alors envoyés au Chili charger du nitrate, d’autres au Brésil pour du manganèse, d’autres sur la côte africaine pour du bois, d’autres enfin en Australie ou ailleurs pour des céréales.

     Réquisitionnés par le Gouvernement français à la fin de la guerre, les voiliers sont “déréquisitionnés” à leur retour en France et rendus à leurs armateurs respectifs. Ils rentrent tout au long de l’année 1919 chargés de quantité de marchandises diverses dont le pays, épuisé par quatre années de guerre, a grandement besoin.